HOTEL DE FLANDRE
« La rue de l’Hôpital, qui se situait dans la première enceinte de la ville, tire son nom de l’Hôpital Saint-Jean qui se situait au niveau de l’actuelle Place Saint-Jean. A l’origine, l’édifice se développait à front de rue sur une largeur de plus de 24 mètres et servait probablement de relais postal. Derrière cette façade, deux ailes en retour se développaient en profondeur. L’une, assez régulière, correspond aux espaces conservés. L’autre suit un découpage parcellaire irrégulier. Ces deux ailes étaient réunies par un corps de bâtiment transversal formant une cour d’honneur et un jardin en partie arrière. […] Dissimulé derrière une façade Néo-classique de 1858, l’immeuble situé au 29, rue de l’hôpital, conserve un exceptionnel ensemble de décor privé du 18ème siècle. Après un découpage de la propriété en trois lots en 1847, qui mena à la démolition des deux tiers de la propriété, il ne subsiste aujourd’hui de la splendeur de cet Hôtel de Flandre que l’escalier monumental, remarquable travail de menuiserie Louis XVI, et les salons arrières, probablement pièces de réception, qui ont conservé leur décor en stuc fait de pilastres ioniques et de niches en cul de four. La partie avant, reconstruite au milieu du 19ème siècle, conserve quant à elle un intéressant décor sans doute plus commun mais dont la disposition spatiale illustre l’évolution du bâti bruxellois et crée un étonnant télescopage qui permet au visiteur de traverser deux siècles d’architecture dans le même bâtiment. Le projet prévoit la restauration de l’ensemble qui accueillera une fonction de bureau, affectation qui dénaturera le moins possible la cohérence fragile de l’ensemble. L’élément obtenu sera un véritable palimpseste reprenant l’évolution du bâti bruxellois du XVIIème jusqu’à aujourd’hui…» - desciption Architectures Parallèles
STABILITE
Dans le cas de bâtiments classés tels que l’Hôtel de Flandre, les interventions structurelles sont volontairement limitées à ce qui est strictement nécessaire. Pour ce faire, l’ensemble des structures a fait l’objet d’un relevé minutieux et systématique, afin d’en déterminer la nature, les dimensions et l’état de dégradation/conservation. Sur base de ce relevé, les structures nécessitant un éventuel renforcement ont été identifiées :
- Renforcements liés au changement d’affectation. Certaines structures étaient insuffisamment dimensionnées pour le nouvel usage auxquelles elles étaient destinées. Il est important de noter que les structures anciennes et classées peuvent dans certains cas déroger aux Eurocodes : il s’agit alors de les vérifier en prenant des hypothèses réalistes, qui s’écartent parfois des normes en vigueur.
- Renforcements liés à de nouvelles exigences. Lorsque les structures existantes se sont avérées insuffisantes, elles ont été renforcées en utilisant les techniques les plus proches de celles qui ont prévalu à la mise en œuvre des structures existantes.
- Renforcements liés à des dégradations locales. Certaines structures étaient localement déficientes : infiltrations, insectes, champignons, démolition intempestive,… En pareil cas, les structures endommagées ont été traitées, renforcées voire remplacées si leur état ne permettait plus la conservation. Ces renforts et remplacements sont ponctuels et mettent en œuvre les techniques les plus simples possible.
Toutes les interventions structurelles sont toujours réfléchies pour respecter la logique existante, de façon à minimiser les efforts de structure. Dans le cas présent, les travaux structurels suivants ont été envisagés :
- Consolidation de planchers existant (structure bois ou voûtes ou voussettes en maçonnerie)
- Création d’une cage d’ascenseur, avec rempiètements locaux.
- Renforcement structurel des bois au moyen de résine
- Renforcement des fermes de toiture
- Création d’une terrasse publique (charges d’exploitation importante) au-dessus du salon classé.
- Injections de fissures dans les maçonneries
- Brochages et couturages de maçonneries
Toutes les interventions structurelles sont discutées avec la DMS afin de trouver les méthodes d’exécution les plus adaptées. Ces travaux ont été réalisés au cœur d’un ilot très ancien, et déjà mis à mal par la constrction d’un très grand immeuble de bureau. Les plus grandes précautions ont été prises afin de ne pas mettre à mal la stabilité parfois précaire des édifices voisins.
TECHNIQUES ET CONCEPTION ENERGETIQUE
La réflexion en matière de techniques spéciales s’inscrit dans une logique de limitation des coûts d’investissement et d’exploitation ; et de l’impact environnemental mais aussi dans une optique du respect du Patrimoine existant. La philosophie générale adoptée vise donc à réduire au maximum les consommations énergétiques tout en favorisant le confort et la sécurité d’utilisation ainsi que la limitation des coûts d’investissement. Les principales technologies “durables” mises en œuvre sont les suivantes :
- Isolation thermique des parois rénovées, conforme aux exigences PEB et dans les limites des exigences de l’Administration du Patrimoine
- Ventilation double-flux avec récupération de chaleur à haut rendement et réseau de distribution basse vitesse, basse pression avec batterie de chauffe
- Limitation des surchauffes par rafraîchissement naturel par l’air extérieur via des stratégies de free- et de night-cooling
- Chaufferie centralisée équipée de nouvelles chaudières à condensation et boiler ECS séparé et limité aux endroits strictement nécessaires
- Eclairage de type LED très basse-consommation
- Limitation et temporisation du rejet d’eau de pluie par récupération des citernes de récupération d’eau pluviale existantes
- Intégration d’un ascenseur dans le bâtiment classé Autres techniques étudiées et mises en œuvre :
- Égouttage
- Sanitaire (distribution d’eau chaude et froide, évacuation des eaux usées)
- Gaz naturel (alimentation et distribution intérieure)
- Système de chauffage (production, distribution et émission de chaleur + régulation)
- Électricité « courants forts » 220 / 380V : prises et alimentations force motrice, éclairage
- Électricité « courants faibles » : téléphonie, télédistribution/data, détection incendie, contrôle d’accès, détection intrusion et vidéosurveillance
Photo: Mihai Varga – Régine Mahaux
stabilité, techniques spéciales – JZH & Partners scrl
entrepreneur – Denys
Montant des travaux de stabilité : +- 420.800 €
Montant des travaux de techniques spéciales : +- 901.200 €